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A droite, plus gaulois que gaullistes !

October 17, 2016

Dans le plus de l'Obs, Claude LELIEVRE ose la comparaison cruelle entre l'héritage éducatif de De Gaulle et les propositions rétrogrades des candidats à la primaire de la droite:

 

 

On a en tête les références que l'on peut. La période gaullienne a été marquée, dans le domaine scolaire, par la nouveauté et la prospective. La séquence de la primaire à droite semble devoir être dominée par la régression et la ringardise. Un rappel à l'ordre (historique) s'impose.

 

Peyrefitte a impulsé des réformes audacieuses

 

La suppression de l'examen d'entrée en sixième (par l'arrêté du 23 novembre 1956 et la circulaire du 6 mars 1958) est dûment entérinée (sur décision personnelle du général de Gaulle) par la création en 1963 du "collège d'enseignement secondaire" (CES) par lequel tous les élèves devront désormais passer depuis l'âge de 11-12 ans jusqu'à l'âge de 15-16 ans. La décision de prolonger l'âge de la fin de la scolarité ''obligatoire'' de 14 ans révolus à 16 ans révolus a été prise par ordonnance dès le 6 janvier 1959.

 

Alain Peyrefitte, le ministre de l'Éducation nationale nommé par Charles de Gaulle le 7 avril 1967 (un ancien élève de l'ENS d'Ulm et de l'ENA), réunit chaque semaine dès son arrivée un groupe de travail qui élabore en quelque six mois un plan de réformes en 27 points (27 points qui figurent – bien des années plus tard – in extenso en annexes du tome III du livre d’Alain Peyrefitte intitulé "C’était de Gaulle", signe de l’importance qu’il leur a accordé de façon persistante).

 

Lors de la communication qu’il a faite au conseil des ministres du 28 février 1968, Alain Peyrefitte a été très clair :

 

"La réforme de l’enseignement engagée [à savoir la mise en place des collèges d’enseignement secondaire à partir de 1963] a profondément modifié les cadres de l’organisation scolaire, le contenant. Pour donner tout son sens à cette œuvre, il faut s’occuper du contenu. Les méthodes pédagogiques n’ont guère évolué depuis le siècle dernier, ni même depuis le XVIIe siècle. Or rien n’est plus difficile que de faire changer l’esprit et les méthodes. La démocratisation amène dans l’enseignement secondaire des enfants culturellement défavorisés ; ils ne sont pas justiciables des méthodes qui réussissent auprès des enfants culturellement favorisés."

 

La mise en place d’une rénovation pédagogique

 

Les points de la réforme envisagée (groupés sous le nom de "rénovation pédagogique") n’en sont plus alors au statut d’avant-projets, car ils doivent faire l’objet d’une mise en œuvre expérimentale à la rentrée de septembre 1968 dans 100 écoles primaires et 30 collèges. Il est dit explicitement que "le cours magistral doit disparaître presque complètement à tous les niveaux". Et il est prévu de remplacer les devoirs à la maison par des interrogations écrites ou orales donnant l’occasion aux élèves d’améliorer leur capacité d’expression et de s’évaluer eux-mêmes (par l’auto-correction).

 

Par ailleurs, du 15 au 17 mars 1968, se tient à Amiens un colloque des plus surprenants avec la participation de la fine fleur de hauts fonctionnaires de l’Éducation nationale et de chercheurs en éducation. Dans la déclaration finale du 17 mars 1968, les membres du colloque, "profondément troublés par l’inadaptation d’un système éducatif hérité du XIXe siècle", s’accordent sur "l’urgence d’une rénovation éducative aussi bien que pédagogique qui ne saurait être différée sans risques de sérieuses tensions psychologiques, économiques et sociales".

 

Le rapport final indique "les grandes lignes d’une rénovation pédagogique", et stigmatise "les excès de l’individualisme qui doivent être supprimés en renonçant au principe du classement des élèves, en développant les travaux de groupe, en essayant de substituer à la note traditionnelle une appréciation qualitative et une indication de niveau (lettres A, B, C, D, E)".

 

 

 Charles de Gaulle dans la cour de l'Élysée, en février 1969 (AFP).

 

Il est affirmé qu’il faudrait "individualiser les rythmes de progression" et que le contenu des enseignements devrait "être fixé par cycles et non plus par année scolaire, cette souplesse d’organisation rendant nécessaire la constitution d’équipes de professeurs adoptant une stratégie pédagogique concertée".

 

Dans son discours de clôture, le ministre de l’Éducation nationale Alain Peyrefitte affirme ne voir une solution que par "la réforme des méthodes de l’enseignement" et précise que "tout cela signifie que nous voulons des maîtres qui soient moins les serviteurs d’une discipline que les serviteurs des enfants ; des maîtres qui sachent, certes, de quoi ils parlent, mais aussi et surtout à qui ils parlent".

 

"C’est seulement par cette réforme des méthodes de l’enseignement, conclut le ministre Alain Peyrefitte, que l’école peut remplir aujourd’hui sa mission de toujours, celle d’initier à une culture ; or cette initiation, aujourd’hui, ne peut qu’être une invention […] Les adultes ne peuvent offrir à la jeune génération que des modèles auxquels ils ne croient plus eux-mêmes. […]. La mission de nos maîtres s’exprime en un paradoxe : faire les enfants autres qu’ils ne sont eux-mêmes. Il n’y a pour cela qu’une méthode : c’est que les maîtres se transforment eux-mêmes."

 

Quelle est notre référence : De Gaulle ou les Gaulois ?

 

À l'issue des événements de mai 68, le général de Gaulle appelle à la tête du ministère de l'Éducation nationale Edgar Faure, un ministre qu'il soutient fermement  contre une partie même de son propre parti,l'Union des démocrates pour la Cinquième République.

 

Le ministre Edgar Faure fait aboutir les réformes qui étaient prêtes : suppression des compositions et classements, remplacement de la notation de 0 à 20 par une notation de A à E, tiers-temps à l’école et activités d’éveil, suppression du latin en 6e et 5e, mathématiques modernes en 6e et en 2de à la rentrée 1969 .

 

Vous avez dit ''gaullistes'' ? La plupart des propositions sur l'école faites par les candidats à la primaire de droite semblent à des années lumières de tout cela, et même complètement à rebours. Alors, quelle est la référence de notre (triste ?) temps : le général de Gaulle ou "nos ancêtres les Gaulois" ? 

 

 

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