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Siège social

Education & Devenir
35 rue du puits Fouquet
76113 SAHURS

L'éditorial de novembre 2019 d'Education & Devenir

La biennale de l'éducation nouvelle

Dimitri Lentulus

Rédacteur en chef des cahiers d'E&D

Du lundi 21 au jeudi 24 octobre s’est tenue la biennale de l’éducation nouvelle à l’université de Poitiers. Une nouvelle occasion de nourrir la réflexion des membres de l’association Éducation & Devenir. Croiser les regards, être à l’écoute des différences et surtout repérer les points de convergences pour en faire des leviers d’actions pour le futur. Ces dernières au service d’une éducation émancipatrice et contribuant à la construction de la société de demain pour et par les jeunes qui nous sont confiés. 

 

Les interventions ont été riches et diverses. L’ouverture offerte par les organisateurs a permis aux membres d’Education et Devenir d’être pleinement partie prenante de cette entreprise collective nous réunissant autour de valeurs communes. Un socle commun à l’interface entre « dans » et « hors » l’École appelant à considérer les jeunes comme des citoyens en devenir, et à penser l’Ecole dans la société et non pas à part. Les conférences éclairantes des intervenants n’ont cessé de le marteler ravivant ainsi la flamme du militantisme associatif si souvent ébranlé ces dernières années ; marqué par un affaiblissement des corps intermédiaires comme l’a si bien rappelé Conny Reuter en qualité de grand témoin lors de la dernière matinée. En conclusion de son intervention c’est d’ailleurs ce qu’a cherché à mettre en lumière Philippe Meirieu en convoquant la citation d’Italo Calvino dans Les villes invisibles appelant dans « l’enfer des vivants » à « chercher et savoir reconnaitre qui et quoi, au milieu de l’enfer, n’est pas l’enfer, et le faire durer, et lui faire de la place ». Quant à lui, Michel Lussault, lors de la conférence inaugurale incitait à continuer de considérer l’élève dans sa globalité ; l’espace (voire les espaces divers) constituant un élément fort d’acquisition de compétences. Enfin, toujours dans ces conférences permettant de mettre en perspective et prendre de la hauteur, celle de Nathalie Mons permettait de garder à l’esprit que l’Éducation Nationale avait pour vocation au-delà de la simple transmission de connaissances, de former également des citoyens. La France adoptant un modèle original dans cette démarche, le constat dressé permettait d’identifier où nous en étions notamment en s’intéressant au retour des jeunes.

 

Éducation & Devenir a donc eu l’opportunité d’échanger avec des acteurs variés afin de réfléchir à l’implication de l’éducation nouvelle pour contribuer au changement des pratiques. L’objectif poursuivi étant de considérer l’élève, l’enfant, le jeune dans sa globalité. Nous avons donc eu le plaisir d’animer trois ateliers concernant la pédagogie active et les représentations sociales, les cités éducatives pour une prise en compte des jeunes dans toutes leurs dimensions, ainsi que l’éducation au numérique. 

 

Ces temps de travail collectifs d’association complémentaires de l’École apparaissent indispensables et constituent des moments galvanisants, où chacun d’entre nous, bien qu’en proie parfois au doute, ressort cependant grandi. D’aucun dira qu’il s’agit d’un entre soi des disciples des « pédagogistes ». Il s’agit cependant bel et bien d’une dynamique prenant la forme d’un laboratoire d’idées (cher au membre d’Éducation et Devenir !) ; n’est-ce pas là une manière de résister et prôner les valeurs qui nous semblent incontournables pour la réussite de tous ? La pédagogie n’est en rien un objet figé, une science exacte mais bien au contraire un champ de travail dont l’humain est au cœur, en perpétuelle évolution et méritant d’être en permanence questionné pour avancer et construire. C’est d’ailleurs dans cet esprit qu’étaient organisées les tables rondes auxquels nous avons pu participer ou assister sur les questionnements liés aux neurosciences, les convergences ou non entre les secteurs scolaires publics et alternatifs privés ou encore les défis posés à l’École par les inégalités sociales. 

 

La question de la vie associative revêt une dimension primordiale aujourd’hui. Quel avenir pour notre investissement ? Comment fédérer les acteurs qui souhaitent agir ? Les ateliers débats nous invitaient à y réfléchir activement. Par exemple en interrogeant la manière dont nous pouvions diffuser les pratiques innovantes par la découverte du design thinking ou remettant en question des architectures scolaires à travers un tribunal. Les modalités proposées nous incitent donc à renverser nos positions, argumenter différemment, nous décentrer de notre pratique et de notre champ de compétences quotidien pour s’ouvrir à l’Autre et donc marquer un premier pas pour être à l’écoute et faire alliance. 

 

C’est dans cette perspective de sans cesse vouloir avancer, que nous faisons cap sur nos prochaines journées thématiques afin de comprendre les mécanismes, cerner les enjeux et repérer les leviers d’actions en posant la question de l’École du tri social. 

 

Réaffirmer que croire en l’éducabilité, en la capacité d’accompagner les élèves vers une démarche citoyenne, développer l’esprit critique n’est pas faire preuve de démagogie et de dogmatisme mais considérer l’École comme un maillon essentiel d’un projet de société. 

 

LENTULUS Dimitri

 

Revenez sur l’évènement via Twitter 

@bienpoitiers @EducetDev 

 

Le blog de la Biennale de l’éducation nouvelle https://biennale-education.org/blog/