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re-faire collectif

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En choisissant ce titre pour son prochain colloque l’association Éducation & Devenir pose une double exigence
- Revisiter sa propre histoire de « groupes de liaison, de réflexions et de propositions »
- Explorer les profondes transformations que connaissent aujourd’hui les systèmes éducatifs, et pas seulement en conséquences de la crise sanitaire que nous traversons.


Réaffirmer l’identité d’un mouvement pédagogique


Éducation & Devenir a été fondée en 1984 dans la suite du ministère Savary afin de soutenir le profond mouvement de réformes initié en 1981. Pour ne prendre qu’un exemple, cette association a joué un rôle majeur dans la promotion des projets d’établissement, expression de l’autonomie des Établissements Publics Locaux d’Enseignement. Les équipes académiques d’E&D se sont alors fortement investies dans la formation aux dynamiques de projets portées solidairement par des personnels de direction et des équipes d’enseignants innovants.
L’association s’est ensuite investie dans le soutien à la loi d’orientation de 1989 puis les premiers projets de réforme des lycées en 1998.
Avec la loi de 2005, elle a promu le rapprochement des écoles et collèges dans le projet « d’école du socle ».
En 2013, elle a participé activement aux concertations préalables à la loi de « refondation » visant à réduire la fracture sociale à l’école.
Depuis bientôt 40 ans E&D a été constante dans son soutien aux réformes progressistes malgré les aléas liés aux alternances politiques qui marquent l’écart entre « le temps court des politiques et le temps long de l’École ».
C’est dans cet esprit qu’elle tire un bilan plus que mitigé du «quinquennat Blanquer » marqué par un retour des pratiques verticales et hiérarchiques à l’opposé du « faire ensemble ».


Tirer les leçons de la crise sanitaire


L’École a été profondément affectée par les effets paradoxaux de la crise sanitaire
L’irruption massive des outils numériques a modifié en profondeur la relation pédagogique.
Le développement du « distanciel » a permis de développer des trésors d’innovation et en même temps d’accentuer la fracture numérique pour bon nombre d’élèves et de familles.
L’usage immodéré des outils de «visioconférence » a également permis de tisser de nouvelles relations au sein et au delà des équipes pédagogiques et, en même temps , de favoriser isolement et individualisme peu propices au travail d’équipe. Le paysage de l’École post covid est particulièrement fragmenté et appelle à de puissants efforts de reconquête de sens et de mise en cohérence


Refaire collectif dans et hors l’établissement


En tout état de cause l’École de demain sera différente de l’École d’hier. Notre responsabilité associative est de pointer les initiatives porteuses de progrès scolaire et social.
Dans ce nouveau contexte, la notion de réseau prend un intérêt accru, porteur de nouvelles solidarités.
La forme scolaire traditionnelle arrive visiblement en fin de cycle et appelle des propositions d’innovation dans de nombreux domaines. D’où l’intérêt, par exemple, des réflexions et propositions sur les espaces scolaires et les nouvelles manières d’enseigner (MOOC, classe inversée, etc.)
Ces profonds changements ne manqueront pas d’interroger mouvements pédagogiques et associations d’éducation populaires. Elles ont ces dernières années compris tout l’intérêt de faire front commun.
L’École de demain ne pourra pas faire l’économie, d’être portée par un projet politique.
Vigilants et indépendants nous devrons donner une nouvelle vie à notre projet de construire une « École de la réussite pour tous » et de faire en sorte qu’il ne s’agisse pas d’un slogan vide de sens. Ce projet ne pourra aboutir qu’appuyé par des démarches solidaires et collectives
aussi bien au sein des établissements que dans les territoires éducatifs.


Restaurer le collectif dans la pédagogie


Du point de vue des tâches des élèves à réaliser, les enseignants se réfèrent aux théories d’apprentissages, comme le modèle socio-constructiviste pour mettre en place des organisations didactiques et pédagogiques qui encouragent le travail en groupe entre apprenants. Des recherches (enseignants chercheurs, recherches actions mixtes) analysent les enjeux et la portée avérée positive de ces modalités de travail sur les apprentissages. Ces bénéfices restent-ils toujours positifs du point de vue des équipes éducatives ?
Travailler en équipe fait partie des compétences attendues ou à développer par les personnels de l’éducation nationale, prôné entre-autre par la loi sur l’école de la confiance.
Sept compétences collectives sur les treize compétences du référentiel des métiers du professorat et de l’éducation (2013) sont mises en évidence. Ces compétences sont : valeurs partagées, principes fondamentaux, coopération en équipe, coopération avec les parents,
coopération avec les partenaires, contribution à la communauté éducative et engagement dans une démarche individuelle et collective de développement professionnel. Ce recours au travail collectif a toujours eu comme visée finale, directement ou indirectement, l’amélioration de la réussite scolaire des élèves.
Des travaux ont étudié des liens entre enseignement transposé (préparé ou analysé a priori en termes de projet collectif) et apprentissage, s’intéressant prioritairement à ce qui se passe effectivement dans la classe, aux activités des élèves provoquées par l’enseignant comme à son discours. Dans un contexte de complexification des métiers d’enseignement et de formation, quels sont le rôle et l’apport spécifique du collectif (au sens équipe éducative) dans les apprentissages ? Quelles en sont les formes encouragées par le curriculum, l’institution ?
Quel modèle existe dans l’établissement ? Dans quel cadre et pour quelle portée ? Dans quelle mesure le fait de s’impliquer dans un collectif permet à l’acteur de s’auto former dans son lieu d’exercice ?
Par ailleurs, depuis le mois de mars 2020, à la suite de la pandémie, d’autres modèles et questionnements sur la transposition didactique se sont multipliés pour continuer l’enseignement et les apprentissages de nos élèves. Des études continuent d’analyser le rôle et la portée de ces collectifs.
Pour ce colloque, nous proposons de nous pencher sur (re)-faire collectif : entre enjeux, évolutions, contraintes institutionnelles, portée et limites. Concernant les évolutions, jusqu’où peut-on ou doit-on aller. Entre la liberté pédagogique des enseignants et la contrainte (menace) d’allonger le service à exercer devant élèves, faut-il (peut-on) proposer
des améliorations ? Si oui, lesquelles ? Faut-il bousculer les priorités des enseignants (dans l’ordre autonomie, utilité, reconnaissance et salaire).