Journées thématiques nationales - Lyon - Mars 2019

Comment la mise en place de l’école inclusive peut-elle contribuer à la réussite de tous les élèves ?

Présentation et animation Hélène Hannoir et Bruno Racine

Présentation de notre intervention croisée : je vais chercher à répondre à cette question en présentant tout d'abord en introduction ce que c'est qu'une école inclusive, une école qui vise à ce que tous les élèves réussissent sans exclusion. Puis en réfléchissant sur le concept de réussite et celui de tous les élèves je m'interrogerais sur les conditions nécessaires pour que l'école remplisse cette mission dans l'environnement qui est le sien. Hélène, cela te permettrait d'intervenir suite à cette introduction. 

Cela m'amènera à traiter la question de la réussite de tous les élèves avec la mise en place de  l'école inclusive sous deux angles et les deux réformes de l'orientation et de la formation professionnelle et l'apprentissage qui sont en cours. Tu pourrais voir dans ces deux moments comment éclairer les questions par ta pratique. 

Introduction : le texte de Prisme du 11 février 2015 donne une définition simple :  l'éducation inclusive, c'est une école qui vise à ce que tous les élèves réussissent sans exclusion, qui cherche à donner à tous les mêmes chances réelles, en tenant compte des conditions sociales différentes dans lesquelles ils se trouvent. Mais pour cela, cette école, peut-elle se suffire à elle-même, se construire en s’isolant du monde dans laquelle elle est insérée de fait ? Peut-elle se fonder sur le seul enseignement de connaissances, la préservant de la société réelle et vivante ? Avec cette vision sociale et cette conception académique, encore bien souvent partagée, elle continuerait de produire une école élitiste pour une minorité, avec une autre minorité s’y sentant exclue, et sans que la majorité s’y épanouisse. L'école ne peut rester hors sol, il lui est nécessaire de s'ouvrir vers son environnement, vers la vie réelle et la vie active. L'éducation et la formation ont besoin d’être produites en rapport avec les acteurs de cette société. Et cela, dès l’enfance. Ce rapport à la vie réelle n’est-il pas, d’ailleurs, une bonne façon d’apprendre et de se cultiver ? Et ce processus de « main à la pâte » devrait se prolonger lors du passage de l’enfance à la jeunesse. L'expérience du rallye Jardin ou rallie Insertion à Villiers-le-Bel en est un exemple. 

Ainsi l’éducation inclusive doit l’être aussi dans ses finalités sociales. Son objectif est de se soucier prioritairement de ce que deviendront ceux qu’elle forme, les aider à se réaliser pleinement dans leur avenir. Cela passe par un accompagnement dans les grandes transitions du parcours de l’enfant et du jeune que sont le passage de la petite enfance à l’enfance, le passage de l’école au collège et le passage de la troisième du collège au lycée et au-delà, quand les questions de l’orientation et de l’insertion prennent toute leur place. 

Je me concentrerais ici sur deux aspects essentiels dans cette dernière transition du jeune qui l'amène à faire ses choix d'orientation et de préparation à son avenir professionnel.  L’objectif de l’école est ici de préparer les jeunes dont elle a la charge, à être en mesure de s’insérer dans la vie active selon leurs compétences, de les accompagner pour cela avec l'aide de son environnement professionnel. C'est le sens de deux réformes en cours, qui prolongent des tendances déjà existantes en les approfondissant : 

- La réforme de l'orientation au collège et au lycée, ou l'ouverture sur le monde professionnel

- La réforme de la formation professionnelle et de l'apprentissage,  tremplin pour l'insertion des jeunes ?

1- La réforme de l'orientation au collège et au lycée, ou l'ouverture sur le monde professionnel

Qu'en est-il de la réforme de l'orientation ? 

Depuis 2015 les Régions avaient en charge la mise en œuvre du Service Public Régional de l'orientation (SPRO). La loi Avenir professionnel du 5 septembre 2018 leur a confié une compétence complémentaire, non pas l'orientation qui reste de la compétence de l'État, mais l'information à l'orientation.

Les Régions ont désormais la responsabilité d'organiser des actions d'information auprès des élèves, des étudiants et des apprentis sur les métiers et les formations, notamment dans les établissements scolaires et universitaires , aux termes des conventions régionales signées avec les académies ;

L'État conserve une compétence pleine et entière dans la définition, au niveau national, de la politique d'orientation des élèves et des étudiants. Il continue de prendre les décisions d'orientation et d'affecter les élèves. Il assume toujours la dimension éducative et pédagogique de l'orientation des élèves qui relève de ses missions de service public de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur.

Qu'apporte-t-elle de nouveau pour aider les jeunes dans leur choix d'orientation ?  

L'accompagnement à l'orientation des jeunes est un objectif essentiel des réformes des lycées professionnel, général et technologique. Il s'exerce maintenant dans le cadre d'un volume horaire dédié prévu dans l'emploi du temps des élèves (54h en collège). Ces 54h ne sont pas figées, il faut de la souplesse dans l'utilisation de ces heures. Cela permet de réfléchir à la façon dont on peut organiser un programme d'information à l'orientation sur 3 - 4 ans pour les jeunes, et surtout arriver à faire comprendre aux parents et aux jeunes qu'on fait quelque chose pour eux. Montrer une cohérence entre les actions de formation et les actions pour l'orientation.

La vraie question pour l'orientation, c'est l'information sur les métiers. Quelles sont les compétences attendues dans l'entreprise, pour aider les jeunes à s'y insérer ? C'est pourquoi la nouvelle compétence des Régions d'organiser des actions d'information sur les métiers et les formations avec les acteurs économiques, professionnels et associatifs qu'elles mandateront, notamment dans les établissements scolaires et universitaires, présente l'avantage d'être un  partenaire de l'école qui a une connaissance du tissu économique et peut ainsi renforcer le lien des établissements avec les acteurs économiques par territoire.  

Après, la question c'est la transmission des informations aux jeunes. Ils sont en devenir, il faut les mobiliser, les accompagner, montrer l'intérêt de telles formations pour aller dans une orientation qui lui plait, découvrir l'entreprise et les métiers, s'insérer dans l'emploi. Un exemple de coopération avec les branches, pour découvrir les métiers de la logistique et des transports des Olympiades du Campus du Grand Roissy (9-4-18). L'orientation s'impose par le faire, et non par le dire.  

L'accompagnement à l'orientation devrait être au cœur du projet d'établissement. Le rôle des parents d'élèves dans les conseils d'administration, c'est de questionner sur ce qui se fait dans les heures dédiées à l'orientation. Quels sont les projets portés sur cette dotation horaire ? Veiller à ce que ces projets soient en adéquation avec les projets des élèves. Le premier orienteur, au-delà des parents, c'est le professeur principal des collèges.

2- La réforme de la formation professionnelle et de l'apprentissage,  tremplin pour l'insertion des jeunes ?

Accompagnant ces changements dans l'orientation, la réforme des lycées professionnels associée à la transformation de la formation professionnelle et de l'apprentissage apporte de nouvelles opportunités d'ouvrir l'école vers son environnement territorial et le monde extérieur et d'adapter l'enseignement et la pédagogie à ces réalités professionnelles. Pour avancer dans la question en débat : "en quoi ces réformes constituent-elles un tremplin pour l'insertion des jeunes et la réussite de tous les élèves ?", je voudrais l'introduire en abordant rapidement les points saillants de la réforme des lycées professionnels notamment que sont : 

  • La question de la mixité des statuts des lycéens en alternance et en apprentissage

  • Les stages de découverte en collège et les Périodes de Formation en Milieu Professionnel au lycée en rapport avec l'orientation 

  • La question de la co-intervention entre matière professionnelle et générale

La question de la mixité des statuts des alternants (sous statut scolaire et apprentissage) dans les classes, que ce soit dans les lycées professionnels ou maintenant aussi dans les CFA, est une innovation majeure dans la transformation de la voie professionnelle en France en une voie d'excellence, favorisant ainsi l'acquisition des compétences, d'une qualification pour le métier et une garantie de trouver plus vite un emploi qualifié. 

En rapport avec le travail d'accompagnement à l'orientation fait en classe et avec les professionnels faisant découvrir les métiers, le stage de découverte en collège et les PFMP au lycée ou en CFA sont l'occasion de découvrir l'entreprise, d'y acquérir en alternance un début de compétences, et permet avec le diplôme, et la réalisation d'un chef d'œuvre, une certification de qualification. La divergence entre les deux voies, voie scolaire et de l'apprentissage, cèdera peu à peu la place à la convergence entre ces deux formes d'alternance, en fait complémentaire, au bénéfice de l'emploi qualifié. 

La co-intervention entre matière professionnelle et générale apporte aussi sa pierre à la réussite de tous les élèves, qu'ils baignent plutôt dans la culture du livre ou celle de la pratique.  
 

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